Marie-Hélène Sigward
Responsable de la plateforme détecteurs germanium de l’IPHC, Marie-Hélène Sigward est co-responsable de l’équipe « détecteur & cryostat » du projet international AGATA *
Après un baccalauréat en biologie, Marie-Hélène Sigward rejoint comme technicienne le service de micro-technologie du Centre de recherches nucléaires de Strasbourg, aujourd’hui le département recherches subatomiques de l’IPHC, et débute une formation en électronique en cours du soir. Elle intègre le CNRS dans ce même service deux ans plus tard, en 1992. Elle travaille alors pour les projets CMS et ALICE, deux expériences du CERN, pendant 15 ans en tant qu’expert en micro-connectique des détecteurs silicium. En 2008, elle rejoint le projet européen AGATA en tant qu’instrumentaliste.
Ce détecteur de rayonnement gamma étudie la structure des noyaux atomiques exotiques produits lors de certaines réactions nucléaires. Ces noyaux émettent des rayonnements gamma qui viendront interagir avec les cristaux de germanium du détecteur (à terme 180) positionnés autour de la réaction nucléaire à étudier. L’analyse de ces données révéleront des informations fondamentales sur les interactions entre les constituants du noyau.
« En tant que responsable de la plateforme détecteur germanium pour le projet AGATA à l’IPHC, ma mission principale est la mise en oeuvre des dispositifs de détection pour ce projet, de l’intégration des cristaux de germanium à leur optimisation »
En parallèle, elle a conçu une table de scanner 3D, un dispositif expérimental de très haute précision. Cette table, unique en Europe, permet d’explorer la structure d’un cristal de germanium en surface et dans son volume - propriété fondamentale pour la reconstruction du parcours des rayonnements gamma. Aujourd’hui, elle fait partie des trois experts européens indispensables pour l’intégration, la caractérisation et la mise au point des modules de détection avant leur installation dans l’expérience. Pour elle, recevoir cette distinction est une source de gratitude envers tous ses collègues du projet AGATA et une grande fierté, fierté du travail bien fait et de la reconnaissance de celui-ci.
« J’ai toujours considéré qu’il y avait un côté artistique dans mon travail et j’aime à penser que, comme le dit Antoine de Saint-Exupéry : « C’est véritablement utile puisque c’est joli ».
* AGATA – Advanced GAmma Tracking Array – est un projet européen de physique nucléaire, regroupant 11 pays et plus de 40 laboratoires, pour le développement, l’installation et l’exploitation d’un multi-détecteur de nouvelle génération pour la spectroscopie gamma.